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J'avais une nouvelle à faire, en Français. On devait écrire sur un fragment du réel, de la même manière qu'Anna Gavalda dans la nouvelle "Cet homme et cette femme" (Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part) & puis bah voilà.
Je viens de finir mon morceau de homard.
Ils sont assis les uns à côté des autres. Chacun tient élégamment une flûte de champagne, assortie à une brochette de couverts en argent.
La villa se trouve en bord de mer. En Bretagne. Aaaah la Bretagne, quel bon souvenir ! Mais voyez-vous, je crois que j'aurais préféré faire mon come-back en d'autres circonstances.. pas avec cette bande de nases, où les gens sont tous plus snobs les uns que les autres.
Les femmes sont en petits groupes. Elles sont toutes belles. Les visages sont figés dans des moues calculées, maquillées mais juste comme il faut, car, ne l'oubliez pas, il ne faudrait pas que cela tombe dans le grotesque. Elles sont habillées de tailleurs chics et faits sur mesure, ou encore de belles robes qui les moulent parfaitement. Tous ces vêtements doivent coûter, bien évidemment, la peau des fesses (voire plus) pour n'être portés que le temps d'une fête. Disons que, à Snobland, on ne porte jamais la même tenue deux fois, ça ne se fait pas paraît-il.
L'une des femmes tient une fillette dans ses bras. La petite commence à peine à s'agiter qu'elle se fait aussitôt réprimander. Pas question de jouer à la baballe et de salir sa beeelle robe, achetée deux-cents euros au moins, chez GAP.
La gamine ne dit plus rien, elle s'est instantanément calmée. A l'écart se tiennent deux autres femmes, sûrement proches de la trentaine. Elles discutent, le visage fermé. Occupées à critiquer le lieu de réception et les invités, elles ne se doutent pas qu'elles sont elles-mêmes le centre d'attention et la cible des commérages en tous genres. Ragots, qui d'ailleurs, sont bien vite remplacés par des sujets plus superficiels encore, tel que ce nouveau créateur plus que provoquant, ou ce parfum dont la fragrance est indéniablement passée de mode. Elles se vantent toutes d'avoir la robe dernier cri ou la paire de chaussures dont tout le monde rêve.
Leurs discussions sont creuses, elles ne parlent que de chiffons...
De l'autre côté de la table, les hommes parlent affaires et politique. Certains débattent sur la nouvelle taxe carbone, d'autres se vantent de leur business qui marche jusqu'à Los Angeles. Comme quoi, même les gens les plus méprisables arrivent à faire fortune !
Bien sûr, je n'oublie pas la dernière catégorie...
- (…) Probablement un véreux, mon voisin ! Un noir, vous rendez-vous compte ? J'ignore comment il a pu se procurer une telle somme d'argent pour faire construire sa villa..
- De l'argent sale, j'imagine !
- (…) Un noir ! Avec une maison presque aussi grande que la mienne !
« Ding-ding-ding ! »
Un homme s'est levé, un vieux gus tout comprimé dans son costard cravate - un peu étriqué - , le genre de truc qui date d'il y a cinq ans et dont le propriétaire s'est empâté depuis.
Il se tient droit, debout, raide, le dos cambré, une liasse de feuilles dans la main droite. C'est lui qui est à l'origine de ce son étrange que l'on obtient en tapant sur un verre avec un couteau, ce son qui reste un mystère pour moi - j'ai essayé de le faire, chez moi, à l'aide d'un verre à moutarde mais rien, nada, niet, je n'ai jamais réussi.
Le vieux se racle la gorge, pour faire chic, j'imagine.
« Pierre-Emmanuel, je t'ai rencontré le jour de tes … (ça y est, on va avoir droit à l'explication de pourquoi il est né, pourquoi il s'est marié, etc.) … avec la trèèèès belle Marie-Angélique (il fait un clin d'oeil à la vieille rombière assise à côté de lui) ... »
Je n'écoute plus. Il parle..il parle, encore et encore. De temps en temps, l'assemblée se met à rire - avec ce rire de prout prout ma chère, vous savez... La main devant la bouche, les lèvres hermétiquement fermées.
Le discours dure une éternité. Le sieur de Pichavent boit ses mots comme des paroles d'Evangile. J'ai envie de pisser, mais pas question de bouger avant la fin. Je me tortille sur ma chaise, afin d'évaluer le nombre de feuilles qu'il lui reste. Il en a posé cinq sur la table et, si je me souviens bien, il en avait une dizaine, il lui en reste donc cinq ou six... ou sept.
Il toussote deux-trois fois, nous sourit et reprend son discours. Il parle maintenant de la naissance du fils Pichavent, celui qui aura la chance et l'honneur de succéder à son père dans la banque familiale. Le Saint-Héritier, en quelque sorte.
Puis, il arrive à la naissance de Benoît, celle d'Hélène, la retraite de Madââme, etc. Tout y passe.
Plus que deux feuilles. Le type continue inlassablement, ma vessie va éclater et je me fiche royalement de la vie de Dolce et Gucci, les deux chiens de race de la famille.
Une feuille.. Oh ! Bonheur ! Alléluia ! C'est fini. Le gus se rassoit à sa place, avec une certaine fierté. Moi ? Je cours aux toilettes.
Voilà, ça fait près de quatre heures que j'observe les invités et je me demande ce que je fais là car je n'ai vraiment aucun point en commun avec eux.
La prochaine fois, j'amènerai un ami (ou une Game Boy).
Il est dix-sept heures trente, le plat de résistance arrive.
C'est du suprême d'ortolan délicatement posé sur un lit de truffes du Périgord.
Vos avis ? (:
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J'aime beaucoup 
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Je n'aime pas. J'attendais une chute, quelque chose, et je ne suis pas fan de "Tous ces vêtements doivent coûter, bien évidemment, la peau des fesses (voire plus) pour n'être portés que le temps d'une fête." "Pas question de jouer à la baballe et de salir sa beeelle robe, achetée deux-cents euros au moins, chez GAP." etc, ça ressemble plus à un "je décris ce qui se passe autour" qu'à un vrai récit.
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J'aime aussi, vraiment! Le mélange de language plus soutenu avec du langage familier, le style... Bravo! Petit Caillou, je crois que le but était justement de décrire un moment réel. Par contre, un robe GAP à 200€, jamais vu 
Yumini, la classe, t'as posté ton message à 20:00:00! \o/
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Petit caillou a écrit:
Je n'aime pas. J'attendais une chute, quelque chose, et je ne suis pas fan de "Tous ces vêtements doivent coûter, bien évidemment, la peau des fesses (voire plus) pour n'être portés que le temps d'une fête." "Pas question de jouer à la baballe et de salir sa beeelle robe, achetée deux-cents euros au moins, chez GAP." etc, ça ressemble plus à un "je décris ce qui se passe autour" qu'à un vrai récit.
En même temps, danc ce récit D'Anna Gavalda, c'est beaucoup de description.
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Le problème n'est pas la description ou le "moment réel". Le problème est qu'il ne se passe pas grand chose, que tout est entièrement subjectif, enfin je suppose que le narrateur ne sait pas le prix de la robe. Ensuite, je ne trouve pas que le mélange des langages soient bien choisi, ça fait plus manque de vocabulaire qu'autre chose.
Désolée de te descendre autant, mais puisque tu postes, je suppose que tu attend des avis.
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Pimousse a écrit:
J'aime aussi, vraiment! Le mélange de language plus soutenu avec du langage familier, le style... Bravo! Petit Caillou, je crois que le but était justement de décrire un moment réel. Par contre, un robe GAP à 200€, jamais vu
Yumini, la classe, t'as posté ton message à 20:00:00! \o/
J'avoue *-*
C'est sur que c'est subjectif mais un recit l'est tout le temps... Et je pense que le fait qu'il ne se passe pas grand chose c'est justement ca qu'il se passe je sais pas comment expliquer, mais celle qui décrit s'ennuie totalement et je trouve que ca le fait bien transmettre au lecteur.
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Merci pour vos opinions. (:
Pimousse a écrit:
Par contre, un robe GAP à 200€, jamais vu
Franchement.. moi non plus.
Mais c'est histoire de caricaturer, on va dire. ![]()
Petit caillou a écrit:
Désolée de te descendre autant, mais puisque tu postes, je suppose que tu attend des avis.
Ah mais aucuns problèmes.
& c'est une bonne supposition, en effet. Si vraiment, je n'exigeais que des appréciations positives dans ce cas là : aucune raison de poster.
Dernière modification par 80-ans-les-bras-levés (11-12-2009 20:32:59)
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Moi non plus, j'aime pas. J'ai déjà cette profonde aversion pour les textes écrits au présent. Il faut vraiment un pur talent pour qu'il s'intègre bien au récit. Ensuite, ton style est intéressant, mais très mal exploité. Pour les mélanges de langage de telle sorte, il faut là encore avoir un talent particulier. Mais là, tes effets de style tombent à plat, c'est dommage.
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